Depuis que j’accepte mon identité, je pensais connaître mon point de départ: Une gothique timide de 14 ans.

L’instant où j’ai réellement compris que cette part de moi qui avait bien plus de force et d’énergie que mon petit être de l’époque, était bien plus qu’une entité m’aidant à surmonter quelques difficultés.

Mais seulement, j’étais déjà considérée comme un «sale pédé» pour une raison toujours inconnue à ce jour; même si je ne faisais que peu d’efforts pour atténuer ce status. Entre mes tentatives vaines d’éviter les retours agressifs en n’opposant aucunes restantes, le fait contradictoire de rentrer dans leur jeu pour obtenir un peu d’attention et celui de rejoindre un groupe de sport composé des «filles du bas de l’échelle» parce que les autres «mecs» me considéraient à juste titre comme un poids mort.

J’étais face à l’évidence qu’exprimer cette facette de mon identité n’aurait en rien facilité ma non vie dans ce lieu de partage de la connaissance et de mise en pratique des vices les plus basiques de jeunes humains fraîchement civilisés.

Alors voila j’ai nié son existante, elle s’est terrée loin des regards et j’ai cru pouvoir vivre sans son énergie, sans raison d’être, sans identité.

Résultat honorable, j’aurai tenu 5 ans grâce à un environnement plus sain et des techniques d’évitement bien aiguisées. Et 2 ans plus tard après avoir remis les choses à plat, je croyais naïvement revenir à l’état de sauvegarde. J’aurai pu n’en vouloir à cet enseignant uniquement pour ces méthodes pédagogiques absurdes et non pour être le parent de la personne que j’aurais voulu être.

Malheureusement je n’ai que récemment compris que cette identité d’adolescente si elle a un jour existé a disparue à l’instant où j’ai nié son importance. Et ce d’une manière aussi stupide que symbolique, une fillette de bientôt 3 ans. Des cheveux bouclés qu’elle n’ose penser à couper, car ils font partie de son être depuis qu’elle est consciente d’exister. Des habits sans choix ni message mais uniquement pour contenter ses semblables. Une incompréhension des règles absurdes qui régissent ce monde, qu’on les appelle continuité, cohérence, normalité, sens moral, règles sociales ou foi.

Je suis une fillette de bientôt 3 ans convaincue d’être une adolescente tout en vivant dans le corps d’un_ jeune vingtenaire. Sans mère ni grande sœur ou en tout cas avec trop de fierté ou pas encore assez remords pour accepter d’être guidée.

PS: Je veux bien un câlin parce que la réalité fait mal.

– Un bébé trans attristé –