Cet article peut être vu comme une mise à jour du post sur mon identité de genre. Mais c’est en réalité plus une mise à plat de mon incompréhension du genre dans la société. Je ne traiterai que de ma société à savoir française du début du 21ᵉ siècle.

Je n’ai jamais réellement compris l’attachement du «reste du monde» au genre. Un peu comme l’informatique, je l’ai appris sur le tas. Enfin quelques années plus tôt tout de même. J’ai compris que les autres me considéraient comme un garçon, que je devais donc apprécier la violence et le foot et que je n’avais le droit de côtoyer des filles que pour tenter de me trouver une copine. Je n’ai jamais vraiment adhéré à ces règles mais est ce à cause de ma timidité, de difficultés de compréhension de relations sociales ou une vraie résistance au genre, je ne le saurai jamais.

Bref, j’ai appris par la force de chose la grammaire française et la nécessité de connaître à tout instant le genre des noms de la phrase en ayant toujours des difficultés à savoir si une personne était plutôt une chaise ou un fauteuil. (au premier jet, j’ai écrit une fauteuil…) Et c’est resté comme ça pendant plus de 16 ans. Tant et si bien qu’au final, il me semble aujourd’hui malheureusement instinctif de me genrer au masculin.

Mais voila, la puberté est arrivée et avec elle 2 problèmes principaux. Une voix qui change mais qui ne me poussait alors que peu de problèmes. Et un constat indéniable, je ressens de l’attirance pour des personnes catégorisées aussi bien femme que homme. Et c’est à ce moment qu’intervient le monde merveilleux d’Internet, j’ai vite découvert beaucoup de vocabulaire d’abord Bi. Puis le concept de transidentité (pour l’heure uniquement binaire) mais qui soulevait des droits pour moi révolutionnaires, la séparation du sexe et du genre. Mais aussi le terme Pan. C’est bon j’étais un mec, ça je l’avais pas choisi donc voila… Pansexuel enfin dans ma tête parce que bon, je suis bien trop introverti et à ce qu’il parait avant d’aimer les autres, il faut s’aimer soi-même (et ça s’était pas gagné).

Alors j’ai continué mes études et ma petite vie de jeune geek partiellement associable jusqu’à la case prépa qui était bordée du mur de la dépression. Enfin de fil en aiguille, j’ai arrêté ces études et j’ai donc eux vite beaucoup de temps, de solitude et donc de remise en question. Dans le même temps, ma pilosité faciale à vite commencer à me déranger et j’ai abandonné le coiffeur pour une raison inconnue. J’ai recommencé à me poser des questions sur mon genre. Notamment avec une question au détour de recherche sur le sujet:

Si tu pouvais utiliser une baguette magique pour devenir du genre opposé et toujours l’avoir été aux yeux des autres, le ferait tu ?

Et là la réponse était évidente: OUI. Mais seulement voila, j’étais un mec… En suite j’ai découvre la non-binarité, j’étais sauvé pas besoin de rester coincé dans mon genre ni de devenir une femme clichée. Je pouvais être agenre. Enfin j’ai vite compris que la langue française n’était pas du tout préoccupée par l’idée. J’ai continué ma vie ainsi que la prolifération de ma chevelure. On a commencé à m’appeler très occasionnellement madame enfin en tout cas à hésiter plus ou moins longuement. Et il y a des jours où ça m’allait et d’autre où je ne voulais juste plus voir mes cheveux. J’ai cherché et par miracle, il y a aussi un mot pour ça: fluide.

Mais il restait ce problème, si j’avais le choix je voudrais être une petite geek pommée avec un style hasardeux. Et plus le temps passait plus ma voix me dérangeait et avec toujours plus de vocabulaire: la dysphorie.

Mais aux yeux de la société, je suis toujours un mec timide et probablement hétéro et cisgenre parce que c’est normal, Non ?

Aujourd’hui si je ne sais plus si je suis réellement agenre ou une femme trans qui a peur de l’admettre et qui se définit agenre pour rester mentalement stable dans la vie de tout les jours. Pour ne plus avoir à se poser de question et ne pas prendre d’initiatives sur le sujet. Une seule chose est sure, mon genre ne varie pas c’est l’énergie que j’utilise pour l’exprimer et le défendre qui change. Mais seulement je pense trop…

Je suis en 1+3i, mais je me sens plus 2+1i

Représentation du spectre du genre sur 2 dimensions

Je suis en 1+3i, mais je me sens plus 2+1i

PS: Le genre est une construction sociale mais malheureusement je ne suis pas un bulldozer.

– Un être humain enfin je pense… –